L’eau renversée est difficile à rattraper

Juin est traditionnellement un mois charnière pour les marchés financiers. Il est souvent synonyme de baisse et d’arbitrages du côté des investisseurs, soit par souhait de prendre des bénéfices après un bon début d’année, soit par peur de rester investi pendant l’été qui est souvent perçu comme une période de risques.

Ainsi 2018 n’échappe pas à la règle avec un scénario qui ressemble à celui de juin 2015. Après un début d’année où les investisseurs baignaient dans une certaine euphorie (croissance mondiale synchronisée, banques centrales aux manettes, ressources naturelles en légère hausse…), cette photo idyllique commence déjà à se craqueler. Et comme d’habitude, les problèmes n’arrivent jamais de là où on les attend. Après une hausse ininterrompue de près de 10 ans (+165 % pour le S&P 500 en USD), les indices américains semblaient les plus fragiles et les plus susceptibles de corriger dans les prochains mois. Or force est de constater que les marchés d’actions américaines continuent leurs progressions, bien alimentés par la baisse de la pression fiscale mais surtout par une croissance à la hausse qui ne cesse de surprendre tout le monde, à l’instar même du tout nouveau président de la FED. La fin de cycle que nous promettaient bon nombre d’économistes ne semble pas se concrétiser et ce malgré la hausse des taux monétaires qui, progressivement, reviennent sur des niveaux plus proches de l’équilibre historique (2% en juin et potentiellement 2,5% en fin d’année). Seul l’aplatissement surprenant et continu de la courbe des taux peut apporter un signal plus négatif car il est généralement annonciateur d’une crainte récessionniste.

 

Les principales craintes continuent de se situer en Europe où la situation politique crée de nouvelles incertitudes (après l’Italie, l’Allemagne inquiète) et où l’économie montre certains signes de ralentissement. Mais n’oublions pas que le vainqueur de la coupe du monde de football sera européen, ce qui devrait amener un pic de confiance et de consommation dans les prochaines semaines !

 

Ce sont les pays émergents qui combinent de nouveau les risques les plus importants : risques politiques (Brésil, Turquie, Argentine…), risques de ralentissement économique alimenté par la guerre commerciale déclenchée par le président américain. De plus, la hausse du prix du pétrole qui était plutôt bien accueillie jusqu’à maintenant pourrait pénaliser les pays importateurs (Asie) déjà déstabilisés par une baisse de leur croissance et surtout par le renchérissement des conditions monétaires outre-Atlantique.

 

Que faire dans la situation actuelle ?

 

Il semble toujours pertinent de rester investi dans les marchés mondiaux d’actions car les bénéfices des entreprises devraient rester très solides au cours de cette année. De plus, la baisse des marchés de ces dernières semaines a permis aux valorisations de se détendre, mais il faut s’attendre à des épisodes de volatilité plus ou moins exagérés au cours des prochains mois.

 

Du côté des obligations, les marchés mondieux de crédit nous semblent être les principaux perdants à court et moyen terme, tant leurs niveaux de taux n’offrent plus aucune protection et les rendent très sensibles à toutes craintes sur la croissance mondiale. D’ailleurs, certains signes peuvent inquiéter, comme l’élargissement des spreads des « Credit Default Swaps » qui fournissent des indications sur les conditions des marchés de crédit au sens plus large. Si l’on ajoute à cela une baisse de la liquidité alors que les montants investis depuis 2009 ont été très importants, alors la situation peut s’avérer inquiétante.

 

Achevé de rédiger le 09/07/2018

Nadine Trémollières

Directeur Primonial Portfolio Solutions

Diplômée de l’ESG, Nadine Trémollières a débuté sa carrière comme trader à la Caisse des Dépôts et Consignations pendant plus de 10 ans. Elle a ensuite intégré les équipes d’AXA IM, d’abord gestionnaire puis responsable des marchés de taux émergents avant de rejoindre Pictet AM à Genève en tant que responsable de la gestion obligataire des produits « Total Return ». Depuis 2008, de retour à Paris elle était gestionnaire senior multi asset chez HSBC Global Asset management, plus particulièrement en charge des appels d’offres de produits innovants. Elle a rejoint le groupe Primonial en 2014.

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